Chercher la femme
Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy se détachent en tête du peloton dans la course à l’Elysée. Le Times faisait le constat dans son édition de dimanche et dressait un parallèle entre les deux quinquagénaires, «relativement jeunes» pour des prétendants à la fonction suprême, qui «sortent du moule habituel» et seraient capables d’animer, selon le journal britannique, l’un des bras de fer les plus intéressants de l’histoire politique moderne en France.
Principal atout de Ségolène Royal: elle ne ressemble à aucun des caciques de la classe politique française, au propre et au figuré. «Ses yeux bleus et son sourire à la blancheur éclatante font penser à une charmante présentatrice de télévision». Puis son style de vie, ajoute le Times, plait aux Françaises soucieuses de relever le «double défi de leur carrière professionnelle et celui d’élever leurs enfants, tout en étant capables d’apprécier fromage et vin… sans prendre du poids».
“Her glossy hair, blue eyes and blinding white teeth make her look more like a glamorous television anchorwoman than a politician.” |
Dans cette course à la conquête de l’électorat sur le registre de la féminisation, Nicolas Sarkozy n’est pas en reste. Le Times note d’abord que les aléas de la vie conjugale ont contrarié la première tentative du président de l’UMP misant sur l’exposition de sa vie privée. Depuis, il a changé son fusil d’épaule et tente de rattraper son retard; il a ordonné à ses lieutenants d’accélérer l’arrivée Roselyne Bachelot au poste de secrétaire général de l’UMP et soutenu Françoise de Panafieu dans les primaires à droite pour la désignation du candidat aux prochaines municipales à Paris.
Pays de machos
Pour autant, note le Sunday Times qui a de la mémoire, la tâche de «Sarko» face à «Ségo» sur ce terrain de la féminisation n’est pas des plus faciles dans un pays machiste dont le président, Jacques Chirac, avait commis une indélicatesse, rappelle-t-il, à l’égard de Margaret Thatcher lors d’un sommet européen il y a dix-huit ans avec son non-authentifié mais célèbre «que me veut cette mégère, mes couilles sur un plateau?» Pour les Françaises, il n’y a pas photo. Ségolène Royal reste un booster de carrière dont le succès les aiderait «personnellement à progresser» dans la hiérarchie au sein des entreprises, selon un sondeur interrogé par quotidien de Londres.
S’il y a en tout cas une chose qui se ressemble chez les deux prétendants, Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy, c’est bien leur aptitude à négocier les virages difficiles constatée tout récemment dans la crise du CPE. La première s’est contentée du service minimum dans sa critique du projet ; «dire plus à ce stade pouvait compromettre ses positions à long terme». Le second, tout en étant le numéro 2 du gouvernement, a voulu se détacher de la «faillite du régime, dans une manœuvre pour le moins compliquée». Ainsi, cette capacité chez les deux de marcher sur des œufs est toute politique et n’a rien à voir avec les femmes.
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