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Le rap fait son apparition en Afghanistan

Le Rappeur de Kaboul

L’Afghanistan, l’un des pays d'Orient les plus hermétiques aux influences occidentales, ne résiste pas à la «culture globale» introduite depuis la chute des Talibans par une génération d’immigrés qui retourne chez  eux après des années d’exil. Le rap afghan fait son apparition dans la capitale  Kaboul, carrefour d’échanges et de timides ouvertures, illustrée par le succès grandissant d’un jeune rappeur, DJ Besho. Ses textes policés, sans sexe ni violence, sont critiqués par les extrémistes mais plébiscités par les jeunes citadins, avides de rythmes nouveaux et de joie de vivre.

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REUTERS-Ahmad Masood

DJ Besho ressemble à tous les rappeurs du monde, avec casquette et gestes  typiques, sauf qu’il «rappe» dans un pays où il y a cinq ans encore les Talibans infligeaient les pires châtiments à quiconque écoutait de la musique ou  même le chant des oiseaux  en cage, susceptibles, selon les fondamentalistes qui régnaient à l’époque dans la terreur et offraient le refuge à Ben Laden, de détourner le «vrai musulman» de ses devoirs religieux.

Ce jeune artiste de vingt-huit ans avait quitté son pays natal enfant pour se réfugier en Allemagne. De retour parmi les tiens il a ramené dans ses bagages la musique qui fait bouger les jeunes occidentaux mais l’a adaptée à la culture afghane. Son message n’a rien de choquant et dans ses clips pas de filles à demi-dévêtues qui se trémoussent en arrière-plan. DJ Besho, de son vrai nom Bejan Zafarmal, chante l’amour et la paix. C'est, pour faire une comparaison, Enrico Macias interprété par Joey Star.  

«Les gens ici ont appris à se battre mais je plaide contre la guerre pour le respect de chacun» a-t-il déclaré au Times de Londres. Malgré cela, ses détracteurs sont nombreux et la BBC cite un ancien conseiller en droit à la cour suprême afghane. Il trouve que «se secouer en avant, en arrière» n’est pas du meilleur effet car «ça peut exciter les jeunes dans une société qui connaît un faible taux de crimes à caractère sexuel (…) puisque nous avions interdit les tentations à l’origine de ces crimes».

Une chose est sûre, la succès de DJ Besho ne laisse pas insensible le président pro-occidental Ahmed Kharzai qui a demandé à le rencontrer et commence à plaire aux Américains engagés militairement en Afghanistan pour capturer Oussama ben Laden mais aussi au nom de la dooctrine de la «démocratisation» chère à l’administration Bush. Le Washington Post titrait ainsi, tout récemment, «un rappeur afghan séduit des fans par un message de paix» et le San Francisco Chronicle a parlé du «Troubadour de la paix».

lundi 15 mai 2006