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Christophe Colomb, Français ?

Christophe Colomb Corse l'hypothèse n'est pas si farfelue. La France pourrait récupérer Christopher Columbus et le naturaliser. Voir politique immigration loi Nicolas Sarkozy

L'ENQUÊTE SE CORSE

Des Français, sélectionnés pour la consonance de leur nom de famille avec celui de Christophe Colomb, vont être soumis à des tests ADN par une équipe scientifique internationale qui cherche à déterminer, d’une façon irréfutable, le pays d’origine du découvreur de l’Amérique dont une thèse, aussi improbable que beaucoup d’autres, soutient qu’il serait Corse.

Certains s’étonneront de l’extrême discrétion avec laquelle l’Italie va commémorer, ce samedi 20 mai 2006, les 500 ans de la mort de Christophe Colomb. Rien ou presque si ce n’est une messe et un colloque prévus à Gênes, considérée comme sa ville natale. Et pour cause, les Italiens se sentent obliger de justifier, de nos jours encore, la véritable nationalité du célèbre navigateur à l’exemple de Claudio Scajola, ministre de l'Industrie du gouvernement sortant de Silvio Berlusconi, qui avait publié en mars dernier un communiqué pour réaffirmer solennellement les origines italiennes du découvreur de l’Amérique. Pourtant, on croyait depuis longtemps que les historiens avaient tranché la question, fixant la naissance de Christophe Colomb en 1451 à Gênes au nord de l’Italie, mais le doute, semble-t-il, subsiste.

calvi.htmN’a-t-il dit lui-même «Vine de Nada», je viens de nulle part? Une citation qui, faute de document authentique attestant de sa ville de naissance, a laissé libre court à toutes les interprétations et chacun y est allé de sa propre hypothèse. Colomb s’est vu ainsi attribué tour à tour des racines espagnoles, grecques, anglaises, et -pour ce qui nous intéresse- françaises et corses. D’ailleurs, les férus d’histoire se délecteront en consultant des points de vue répertoriés sur un site français dédié à «l’Amiral de la mer océane» qui, concernant la piste corse, détaille les arguments de ses authentiques défenseurs. Ceux-ci soutiennent qu’à «l'époque de la naissance de Cristoforo Colombo, une partie de la Corse était une portion du territoire de la République de Gênes. Calvi était ainsi une cité aussi génoise que Savonne ou Gênes». Autre angle d’attaque, «les mots que Colomb a écrits en marge de certains ouvrages et que certains auteurs ont qualifié d' ''italien de cuisine'', illisibles par ceux qui maîtrisent l'italien, sont compréhensibles par des Corses».

Et puis est arrivé l’ADN. Le professeur José Antonio Lorente Acosta, de l’université de Grenade, travaille depuis plusieurs années pour authentifier les restes de Christophe Colomb, dont l’Espagne et la République Dominicaine se disputent la véritable sépulture, en se basant essentiellement sur des prélèvements effectués sur les squelettes de son frère Hernando et son fils illégitime Diego. Le scientifique espagnol, cité par le Washington Post, a transmis la carte génétique de la «famille Colomb» à une collègue italienne, Olga Rickards, qui se fait fort de prouver la nationalité du marin. Pour ce, comme l’explique le Telegraph, elle veut procéder par recoupements en comparant les résultats du professeur Acosta avec les analyses ADN qu’elle réalise, dans trois pays, Italie, Espagne et France, sur des descendants des familles Colom, Coulom, Colombo ou Colomb. Elle compte sur une centaine de prélèvements en France et espère publier les résultats de son travail en septembre prochain.

Rien que pour "la famille Colombo" le site spécialisé geopatronym.com recense 2448 naissances entre 1941 et 1990 dans tout l’Hexagone dont 12 seulement en Corse du sud. L’enquête des limiers de l’ADN s’annonce difficile.


vendredi 19 mai 2006