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Les détectives privés vont pouvoir suivre un cursus universitaire

En quête d'honorabilité

Pour exercer le métier de détective privé la loi impose depuis trois ans une aptitude ou une qualification professionnelle dispensée par le Centre Universitaire de Melun, une antenne de l’université Paris II Assas

B1Ouf! On est sauvé, du ridicule tout au moins. La réputation à l'étranger du détective privé à la française était entachée jusqu'à présent par la caricature qu'en a fait, avec quel talent, Peter Sellers et son mémorable Clouseau, certes inspecteur de son état mais assimilé à un privé tout ce qu'il y a de bon et moyen Français, l'accent succulent en sus lorsqu'il s'exprime en anglais.

La voie du salut est passée par le biais d'un arrêté du ministère de l'Éducation nationale, en date du 21 juillet 2006 créant un nouveau diplôme au sein de l'université Paris II (Assas) qui lui permettra de délivrer une licence professionnelle «Sécurité des biens et des personnes», option «Enquêtes privées».

Heureusement le Times a exhumé, hier, cette information passée presque inaperçue en France au début de l'été, pourtant qui va donner, pense le quotidien londonien, des gages de respectabilité au métier de «détective privé» longtemps assimilé chez nous au guetteur par le trou de la serrure.

B2«Le constat d'adultère ne représente qu'une infime partie de notre travail» lui confie ainsi Michel Le Forestier. Le président de l'Association des enquêteurs diplômés se réjouit évidemment de cette démarche vers une réhabilitation d'un métier qui sent encore le souffre et pas à cause uniquement de la violation de la vie privée mais qui «se concentre désormais sur les affaires commerciales et industrielles ainsi qu'à la fraude aux assurances et au code du travail».

Dommage que le Times n'ait pas poussé la curiosité jusqu'à demander leur avis aux fonctionnaires de police. Il aurait pu entendre Joaquin Masanet, secrétaire général de l'UNSA-police, dénoncer une «profession inutile», comme il l'avait déclaré au Figaro du 22 août dernier ajoutant que «la République offre tous les moyens aux citoyens d'être défendus. Les détectives installent une justice à deux vitesses, privilégiant ceux qui ont les moyens de s'assurer une sécurité privée». Et vlan, dans les côtés du privé, une bourrade qu'il n’est pas prêt d'oublier.



Liens vers les sources citées
Times http://www.timesonline.co.uk
Le Figaro http://www.lefigaro.fr

Pour en savoir plus
Institut de droit et d'économie de Melun
http://www.u-paris2.fr/html/presentation/sites.htm#M
Centre d'Information et de Documentation
sur les Détectives et Enquêteurs privés
http://ufedp.online.fr/universite.htm

vendredi 1 septembre 2006